Ce discours est un exemple générique. L’entreprise s’appelle Alpha. Le discours comprend 431 mots.


La nouvelle que je m’apprête à vous annoncer n’a rien d’un secret. Pour autant, cela n’atténue pas sa brutalité. Les mots sont aussi difficiles pour moi à prononcer que vous à entendre.

Alpha cesse officiellement son activité.

Je tenais personnellement à vous remercier pour votre courage et le dévouement sans faille que vous avez témoigné à Alpha. Les derniers mois ont été éprouvants mais c’est votre ténacité qui a permis à l’entreprise de résister aussi longtemps. Vous l’avez aidée à livrer ses dernières batailles et vous avez assisté à ses dernières victoires. Maintenant il est temps de capituler.

J’aurais aimé qu’il en soit autrement car il s’agissait d’un beau projet. J’y croyais et m’y suis investi. Malheureusement, la pression exercée par la concurrence couplée au contexte économique difficile des dernières années a eu raison d’Alpha. 

Vous savez mieux que moi quels problèmes nous rencontrions car vous étiez en première ligne. Aussi, j’ai trop de respect pour vous pour minimiser la situation. J’ai conscience de l’impact énorme que cette nouvelle aura sur vos vies professionnelles et personnelles. C’est pourquoi la priorité désormais est d’assurer l’avenir de chacun. Avec les représentants du personnel, nous sommes en train d’élaborer des dispositifs pour vous aider au mieux à préparer cette transition, ce changement de vie. Les prochaines communications aborderont ces points plus en détails. Rassurez-vous : personne ne sera laissé pour compte.

Il est normal d’éprouver de la crainte et de l’abattement. Ce sont des émotions légitimes. Moi-même, je suis profondément navré que cela n’ait pas marché. Il est encore tôt pour prendre de la distance et avoir un regard moins affecté sur la situation. Lorsque cette épreuve se trouvera derrière nous, alors nous pourrons tirer les enseignements de cet échec.

Winston Churchill disait : « Le succès n’est pas final. L’échec n’est pas fatal. C’est le courage de continuer qui compte ». Et du courage, vous en avez. Dans un registre plus poétique, il disait aussi : « Ce n’est que quand il fait nuit que les étoiles brillent ». Par ces paroles, j’aimerais vous aider à conserver un regard positif sur les événements. Il y aura un après car il y a toujours un après même si sa forme demeure incertaine. La nuit ne durera pas longtemps. Nous l’ignorons encore mais l’expérience Alpha contient déjà, en germes, les lueurs de l’avenir. Le meilleur nous attend : loin d’être une fin en soi, Alpha est le premier pas vers quelque chose de neuf. Plus tard, il est même possible que cette expérience s’avère un tremplin, une opportunité.

Je conserverai d’Alpha le souvenir de cette fabuleuse énergie mise en commun pendant toutes ces années. Merci à vous. Merci d’avoir été présents, de vous être impliqué, d’avoir cheminé à mes côtés pendant ce voyage. 

Je vous souhaite beaucoup de bonheur.